Stress aigu ou stress chronique ? Apprendre à reconnaître les signaux d’alerte

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« Je gère », « c’est temporaire », « tout le monde est stressé »… Ce sont souvent les phrases que l’on se répète juste avant de s’effondrer. Le stress n’est pourtant pas une fatalité à subir en silence : c’est un phénomène qui se mesure, se comprend et se prévient.

Ce que dit la science

Le stress aigu est une réponse normale et utile de l’organisme face à une contrainte ponctuelle (un délai serré, un imprévu). Il mobilise nos ressources, puis le corps revient à l’équilibre .

Le problème survient quand cette activation ne s’arrête plus: On parle alors de stress chronique : le cortisol reste élevé en continu, ce qui a des répercussions documentées sur la mémoire, le système immunitaire, le sommeil et l’humeur. Les travaux du chercheur Bruce McEwen ont introduit la notion de charge allostatique : c’est le « prix à payer » par l’organisme lorsqu’il doit s’adapter en permanence à un stress qui ne cesse jamais vraiment.

C’est cette usure progressive qui, non traitée, peut évoluer vers un épuisement professionnel (burnout), défini par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un syndrome résultant d’un stress chronique au travail non géré, caractérisé par un épuisement, un cynisme et une baisse de l’efficacité professionnelle.

L’éclairage TCC

En thérapie cognitivo-comportementale, on ne travaille pas uniquement sur l’organisation de l’agenda, mais sur les croyances qui alimentent la surcharge :

« je dois être irréprochable », « si je dis non, je vais décevoir », « je dois tout gérer seule ». Ces schémas de pensée, souvent liés au perfectionnisme, entretiennent un état d’alerte permanent, même en dehors des périodes de forte charge réelle.

Le travail consiste à identifier ces exigences internes, à évaluer leur coût réel, et à les remplacer progressivement par des pensées plus ajustées.

Des pistes concrètes

  • Faire le test des 3 signaux : fatigue qui ne passe pas malgré le repos, irritabilité inhabituelle, difficulté à se concentrer. Deux signaux présents depuis plus de 3 semaines méritent d’être pris au sérieux.
  • Identifier ses « exigences invisibles » : lister les phrases qu’on se dit à soi-même en cas d’erreur ou de refus.
  • Réintroduire de vraies pauses : non pas remplir le temps libre, mais permettre au système nerveux de revenir réellement au repos (pas de notifications, pas de multitâche).
  • Consulter un professionnel si le stress s’installe dans la durée : un accompagnement permet d’agir avant l’épuisement plutôt qu’après.

Le stress chronique ne se résout pas avec « plus de volonté » , il se régule en changeant à la fois l’environnement et le dialogue intérieur.


Sources scientifiques

  • McEwen, B. S., & Stellar, E. (1993). Stress and the individual: mechanisms leading to disease. Archives of Internal Medicine, 153(18), 2093-2101.
  • World Health Organization (2019). Burn-out an « occupational phenomenon »: International Classification of Diseases. who.int
  • Beck, A. T., & Haigh, E. A. (2014). Advances in cognitive theory and therapy: the generic cognitive model. Annual Review of Clinical Psychology, 10, 1-24.

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